JOURNAL DE PASSEREVE

 

 

 

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08/21/2004: "Freud et le Sionisme"


Lettre, écrite par Freud le 26 février 1930, adressée au Docteur Chaim Koffler et répondant à la demande de l’association de Jerusalem Keren Ajossot - demande envoyée à plusieurs personnalités juives éminentes - de signer une pétition condamnant les arabes pour une émeute survenue en 1929 en Palestine. Au cours de cette émeute plus de 100 colons juifs avaient été tués. Son destinataire l’a transmise à une collectionneur d’autographes de Jérusalem, Abraham Schwadron, en échange de la promesse qu' « aucun oeil humain ne puisse jamais la voir ». C’est ainsi qu’elle est restée secrète pendant plus de 70 ans jusqu’à ce qu’elle paraisse ces dernières années dans le catalogue d’une exposition à l’Université de Jérusalem.

On peut aujourd’hui en trouver le texte, traduit en anglais, sur le site Freud Museum London


Voici une traduction française, à partir de la version anglaise :


Cher Docteur,

Je ne peux faire ce que vous souhaitez. Je me sens incapable de surmonter mon aversion à accabler le public avec mon nom, et même ce moment critique ne me paraît pas le justifier . Quiconque désire influencer les masses se doit de leur donner quelque chose de vibrant et d’enflammé et mon sobre jugement sur le Sionisme ne le permet pas.
Il est sûr que je sympathise avec ses buts, je suis fier de l’Université de Jérusalem, et la prospérité de ses implantations me fait plaisir.
Mais, d’autre part, je ne pense pas que la Palestine pourra jamais devenir un Etat juif, ni que les mondes chrétien et islamique soient prêts à ce que leurs lieux saints soient sous contrôle juif. Il m’eût paru plus judicieux d’établir une patrie juive sur une terre moins chargée d’histoire. Mais je reconnais qu’un point de vue aussi rationnel aurait peu de chance d’obtenir l’enthousiasme des gens et le soutien financier des riches. Je concède avec tristesse que le fanatisme infondé de notre peuple soit en partie à blamer pour avoir éveillé la méfiance arabe. Je ne puis cultiver de sympathie pour une piété mal dirigée qui transforma un morceau du mur d’Hérode en relique nationale offensant ce faisanr les sentiments des autochtones .
Jugez vous-même maintenant si, avec un tel point de vue critique, je suis la personne qu’il faut pour conforter un peuple pris dans l’illusion d’une espérance injustifiée .

Votre respectueux serviteur, Freud

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