JOURNAL DE PASSEREVE

 

 

 

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November 2007
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Le mur !

En 1985, Didier Anzieu disait son : « impression pessimiste qu'à ne plus mettre de limites nulle part, les humains s'acheminent vers des catastrophes, que penseurs et artistes contemporains s'évertuent, dans une sorte de surenchère du pire, à représenter comme inévitables ».


En novembre 2007, un psychiatre raconte l'anecdote suivante :

« Un médecin du travail de la cinquantaine vient me confier l'affaire suivante. Il suivait un technicien qui avait connu deux périodes dépressives liées au fait que son supérieur hiérarchique lui en demandait toujours plus, dans un contexte relationnel pénible et notre homme « ne pouvait plus suivre ». Sur ces entrefaites, sa femme avait perdu son travail alors que leurs deux enfants commençaient leurs études supérieures. Lors de sa dernière visite, cet homme, dont la situation de travail était toujours pénible, n'était pas apparu déprimé mais ferme et déterminé à se défendre.

Il s'est suicidé quelques jours plus tard. Dans l'après-coup, notre ami reconstruit les choses ainsi : sa femme étant sans travail et lui, réalisant qu'il ne pourrait pas tenir encore longtemps dans sa situation, s'est suicidé lucidement pour que sa famille soit, au moins, propriétaire de leur maison sans plus avoir d'annuités à payer.

Ce confrère, brillant intellectuellement et militant social, me disait qu'il ne s'attarderait pas quand il pourrait prendre sa retraite, tellement il était confronté à un monde du travail inhumain, avec des dirigeants apparaissant sans âme et des travailleurs placés dans des situations de « névrose expérimentales » dans lesquelles les rats ne tiendraient pas le coup. Les humains, attachés à leur travail et à gagner leur vie pour eux et leur famille, supportent beaucoup de choses, mais beaucoup finissent par craquer.

La dictature de fait du capitalisme financier s'accompagne d'une pression qui s'exerce du haut en bas de la hiérarchie pour gagner toujours plus d'argent, toujours plus vite, par tous les moyens légaux, voire semi-légaux. Quand il ne le sont pas au départ, les dirigeants deviennent fous et affolent leurs subordonnés. Un milliardaire américain vient de s'inquiéter du fait que sa femme de ménage payait plus d'impôts que lui proportionnellement à leurs revenus respectifs... Une hirondelle ne suffit pas à faire un printemps mais peut être le souci de l'humain reprendra-t-il le dessus avant que notre société soit tout à fait dans le mur 
».




Pour des sciences encore humaines ?

Il y a quelques semaines Roland GORI, psychanalyste et professeur de psychopathologie clinique, a donné un long entretien filmé au cours duquel il synthétise des questions essentielles sur la psychanalyse, le libéralisme, le statut des psychothérapeutes et le collectif "pas de zéro de conduite".

La parole de Roland GORI cisèle des formules, engage des polémiques et témoigne de ses engagements universitaires, éthiques et épistémologiques.

Allez voir ce film

Il s'agit d'un film en 4 chapitres de 8 minutes :
1 Psychanalyse et néo-libéralisme
2 Vers une psychothérapie d'état
3 Après les questions des chapitres précédents, quelques engagements pour l'avenir !
4 Un collectif engagé : Pas de zéro de conduite

Un film de anne ALIX, christian BONNET et philippe TABARLY




Jacques Attali

Connaissez vous Jacques Attali ?
La journaliste Karine Papillaud publie en ligne une interview passionnante de cet homme étonnamment prolifique.