Jung n'appréhende et ne conçoit pas l'inconscient au seul titre du refoulement, c'est-à-dire comme secondaire à la conscience (l'inconscient se constituant du refoulé).

Jung tient au contraire l'inconscient pour premier ; c'est-à-dire qu'à son point de vue, la conscience émerge de l'inconscient.

Il ne s'intéresse donc pas tant aux conditions dans lesquelles l'inconscient se trouve produit — ce à quoi s'attache la problématique freudienne du refoulement — mais bien plutôt au fait qu'à partir de l'inconscient, émerge de la conscience.

« Toute la psychologie scientifique à ses débuts est basée sur les sensations […]  la conception centrale qui en résulte, à savoir la primauté des sens et de la conscience, continue, jusqu'à un certain point, à régner encore de nos jours, dans l'œuvre de Freud par exemple, dont la théorie fait découler l'inconscient du conscient. En fait, les choses se présentent de façon essentiellement différente ; les fonctions psychiques originelles étant étroitement solidaires du système nerveux sympathique, je dirai volontiers que l'élément premier est évidemment l'inconscient, hors duquel s'élève petit à petit la conscience. » (C. G. Jung, « Introduction à la psychologie analytique » in « L'homme à la dévouverte de son âme »)

L'attention en psychanalyse jungienne portera sur le devenir-conscient plutôt que sur le devenir-inconscient.

« Presque chaque année surgit en nous quelque chose que nous n'aurions pas soupçonné auparavant. Nous pensons toujours en avoir fini avec ces découvertes et nous continuons cependant à découvrir que nous sommes ceci ou cela, faisant même parfois des constatations renversantes. Cela montre bien qu'il y a toujours une partie de notre personnalité qui est inconsciente, qui est en voie de formation ; nous sommes éternellement inachevés, nous croissons et changeons. La personnalité future que nous serons est déjà là, mais encore cachée dans l'ombre […] Nous savons ce que nous avons été, mais nous ignorons ce que nous serons. » (C. G. Jung, « Introduction à la psychologie analytique » in « L'homme à la dévouverte de son âme »)

Jung voulait se dégager de l’intérêt exclusif de Freud pour les causes tirées du passé : « Aucun fait psychologique ne peut jamais être expliqué de manière exhaustive en seuls termes de causalité ; en tant que phénomène vivant, il est toujours indissolublement rattaché à la continuité d’un processus vital, de sorte qu’il s’agit de quelque chose qui non seulement a évolué, mais est aussi créatif et en continuelle évolution ». (voir l'étude de Paul Roazen)

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